OBJECTIF 2012

OBJECTIF 2012

Personne ne peut nier....

PERSONNE NE PEUT NIER

 

Après ma réflexion autour des thèmes de « l'HOMO CONSUMENS »,  l'hospitalité et du partage citoyen, j'ai éprouvé le besoin de vous parler de ce que j'appelle « Réalité et théorie » et du curieux contraste qu'il génère.

 

Personne ne peut aujourd'hui nier que nous sommes à l'aube de grands changements, naturels pour certains, d'autres forcés et enfin quelques uns se produisant dans une urgence la plus extrême. Personne ne peut nier que nous vivons une période clef où il nous appartient face aux grands défis économique, financier, alimentaire, environnemental, démographique et éthique qui se présentent à nous de nous remettre en cause et de nous organiser autrement.

Personne ne peut nier que ce grand siècle d'industrialisation qui vient de s'écouler aura posé les bases d'une société hautement inégalitaire, profondément déséquilibrée et exsangue de ses ressources tant on les aura puisées et exploitées.

 

Personne ne peut nier que malgré nos progrès technologiques et scientifiques qui nous ont fait basculer vers une ère de communication et virtualité, de découvertes immenses, tous nos modèles de société explosent, tous les repères s'effondrent et les individus sont en quête de sens, perdus.

 

Personne ne peut nier que notre vision politique qui aura fait avancer le monde est désormais obsolète et dépassée et qu'il est grand temps de voir l'avenir autrement, faire preuve de lucidité et de responsabilité. Ceci avant que les peuples, épuisés, pris dans des difficultés de survie,  intenses, à terre… ne se tournent vers ceux qu'ils considèrent coupables. Peut importe les pays, les partis…. Peu importe. Cela a déjà commencé.

 

Il n'est plus possible de fonctionner comme par le passé. C'est certain. Et bien ignorant et aveugle sera celui qui prônera encore des slogans d'un monde ancien, avancera portant sa propre vision sans se soucier que l'heure est à la collégialité et à l'intelligence collective. Bien malheureux celui qui parle sans savoir et qui dit sans faire.

 

Quand j'entends aujourd'hui des discours usés, si loin de la réalité, je ne peux m'empêcher de penser qu'effectivement ceux qui les profèrent n'ont  pas encore compris ni pris la mesure. Par déni, ils continuent à parler comme avant, par négligence, ils dévalorisent cette majorité de personnes qui souffrent, qui pourtant constituent un élément essentiel du maintien et développement de notre société.

 

Quand je me retrouve dans le quotidien sur le terrain et vis tous les disfonctionnements… Quand je m'évertue à aider les plus démunis que je vois arriver tous les jours dans cette communauté Emmaüs dans laquelle j'œuvre, arrivés d'Afrique, Europe centrale, Russie, d'Orient, bafoués dans leur dignité, traités parfois comme des chiens, que l'on qualifie de clandestins alors que la terre n'appartient à personne sinon à tous…. que l'on nomme "misérables" comme si cela était un état constant... 

 

 Quand je regarde cette femme avec ses enfants pleurer pour avoir tout perdu, ce chef d'entreprise ruiné qui me confie ses douleurs… ce jeune, si jeune comme un étranger, mis dehors par sa famille, ayant erré des nuits durant sans avoir où dormir et manger…. Quand je soigne ce compagnon qui s'enfonce dans son désespoir et dont la fragilité ne lui permet pas de reprendre une vie « normale »… quand je reçois tous les jours des hommes, femmes, enfants, qui ne savent plus ni qui ils sont, ni quel est et sera leur avenir…

 

Comment ne pas s'interroger ?

 

Et de me dire que tout ceci est bien tragique.

 

Les illusions qui nous ont bercé si longtemps ne peuvent plus durer. Je refuse le monde actuel, il ne me convient pas. Quand je me tourne, vingt ans en arrière… ce sont les mêmes « échos » que je perçois, toujours et encore, les mêmes idées, les mêmes clichés, les mêmes idéologies. Je n'accepte pas que des représentants que j'ai pu élire ne se montrent pas réalistes et continuent à avoir une vision du monde « théorique », prônant des valeurs sans cesse sans coeur, maniant des concepts qu'on leur aura conseillés, sans rien vivre de l'intérieur, seulement en façade… Je n'accepte pas qu'on fasse croire encore que tout est figé et que de toute manière puisque nous avons avancé ainsi jusqu'à maintenant, il faut continuer, car il n'y a pas d'autres solutions. Je ne souhaite plus que ceux qui constituent une soi-disant « élite » (c'est une vue d'esprit) nous dirige et continue à le faire. Je ne crois plus en eux.

 

Je veux que l'on voit autrement et que l'on puisse aussi examiner avec respect et intelligence d'autres façons de nous organiser, où l'humain est l'unique préoccupation, où la solidarité prime, où le partage des richesses prime, où les ressources qui appartiennent à tous ne soient plus gérées par des sociétés privées qui en tirent profit au détriment de beaucoup. Je veux qu'on regarde de plus près un système économique plus social et solidaire, un pouvoir politique ouvert à tous, plus uniquement à une « élite » mais à des compétences utiles et à des hommes femmes issus de tous les secteurs. Je veux qu'on parle de décroissance, de développement respectant la nature. Je veux qu'on associe l'éducation au mot Epanouissement. Je veux que la culture soit le moteur des transformations que j'attends.

 

Je veux et voudrais que ma voix et celle de nombreuses personnes portant cette vision du monde qui émerge soit entendue. C'est le fondement d'une véritable politique de civilisation. Elle ne peut pas être portée par les partis actuels appartenant au passé mais par un mouvement nouveau, innovant, collégial, collectif. C'est à nous de le créer, à nous citoyens et acteurs de la société de lui donner notre souffle.

 

Oui…..  Quand j'entends et vois ces "politiques" si décalés avec la réalité mais si impliqués dans les théories, pris par leur désir de conquête, ne parlant que d'élections ou occupés dans des guerres d'ego et de personnes… Quand je regarde au fond des yeux  toutes ces personnes précaires et démunis à cause d'un système qui les contraint à l'être et leur enlève leur dignité, je me dis qu'il y a là un curieux paradoxe…..

 

Qui est coupable ? Qui paiera pour ce qui arrive et arrivera le temps que nous nous organisions ? Qui portera cette nouvelle société à laquelle nous aspirons ?



02/02/2009
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