OBJECTIF 2012

OBJECTIF 2012

L'HOSPITALITE, âme de la Démocratie

                   

 

 

« Dans la société que décrit Homère, celle du XIIe siècle avant Jésus-Christ, deux choses préfigurent et préparent la démocratie qui apparaîtra sept siècles plus tard: la liberté de parole et un souci de l'autre prenant la forme tantôt de l'hospitalité, tantôt de la compassion. Le souci de l'autre est l'âme dans la démocratie. Si, là où il revêt la plus grande importance, dans l'amour, dans l'amitié ou dans les liens familiaux, le souci de l'autre est violent, ou muet, […]; ou si, tout en demeurant muet, il est inhibé jusqu'à la fuite, c'est signe que la société est malade et que, faute de trouver un remède intérieur à son mal, elle sera bientôt incapable de justice et de liberté, quelles que soient les règles de droit qu'elle se donne pour se guérir de l'extérieur».

 Jacques Dufresne

« La démocratie athénienne, miroir de la nôtre »

Bibliothèque de L'Agora, 1994

 

 

L'HOSPITALITE, valeur universelle et fondamentale

 

L'hospitalité est plus qu'une valeur, c'est une expérience, une aventure humaine qui nous relie les uns aux autres ; une fraternité qui permet d'ouvrir son cœur et d'accueillir, d'accepter son prochain, son voisin, « l'autre », sans jugement. Pour cela, il faut  avoir confiance en soi, en cet autre qui nous ressemble et se vouloir dans le progrès vers plus d'altruisme.

 

Jacques Dufresne, philosophe, évoque deux éléments majeurs et constitutifs de la Société décrite par Homère, au XIIème siècle avant Jésus Christ, « la liberté de parole et un souci de l'autre prenant la forme tantôt de l'hospitalité, tantôt de la compassion. Le souci de l'autre est l'âme dans la démocratie » dit-il et lorsqu'il tend à disparaître, cette dernière se trouve en grand danger. Dans les systèmes religieux, l'hospitalité est une vertu particulière, fondement de leur structuration. Geste du Christ, pratiqué par ses disciples, on la retrouve aux origines au travers d'Abraham, considéré comme le père du monothéisme, la première personne à avoir reconnu l'existence du Dieu unique par sa seule raison. Il est présenté par la tradition juive comme l'incarnation de l'hospitalité et du hessed, c'est-à-dire de l'amour pour autrui. .

 

Aujourd'hui, il est habituel d'entendre parler de l'hospitalité de telle ville ou telle communauté, de l'accueil chaleureux ou pas dans un territoire par ses habitants. Plus difficilement, on envisage cette valeur à partir d'une approche économique, de parler d'une « entreprise hospitalière » par exemple ou bien de la développer comme une caractéristique managériale d'accueil des employés dans la structure et de leur gestion. Pourtant, c'est l'intégration de cette pratique, de façon implicite ou pas,  qui en fera un lieu accueillant, épanouissant ou bien le contraire. On peut également aborder une vue d'esprit originale quand on évoque les offres et produits au regard de l'accueil qui leur sont faits par les clients. L'acte en lui-même, qu'il soit bienveillant ou négatif, représente une forme d'hospitalité qui ici repose uniquement sur un aspect commercial mais bien réel.

 

On parle peu également de la dimension politique de l'Hospitalité. Or, c'est sa définition et pratique en matière de relations internationales par exemple ou d'immigration au niveau national qui la caractérise. Kant, pour sa part, y voyait là un des fondamentaux du droit international en posant comme inaliénable le droit de visite de « l'étranger » sur son territoire. Cette posture mentale permet d'introduire les bases d'une paix universelle qu'il pense incontournable, loi de la Nature.

 

Que cela soit du point de vue de l'éthique, de la sociologie, de l'ethnologie, de la théologie, de la philosophie, de l'économie, de la politique et toutes les « sciences » touchant l'humanité, l'Hospitalité y trouve un sens et un cadre. Simplement car sa dimension universelle, pratiquée depuis la naissance de l'homme du fait même de devoir coexister avec les autres, la rende incontournable. Perçu consciemment ou non, elle fait partie intégrante de la vie et l'évolution de nos civilisations.

 

En ce début de XXIème, période où nous devons relever des enjeux de taille et affronter de nombreux troubles, centrée sur le matérialisme et la finance, l'Hospitalité peut apparaître « déplacée », obsolète. De ce fait, elle en devient une véritable « cause » que l'on se doit de défendre, préserver, raviver et transmettre. Celui qui se place comme «hospitalier » n'existe que par celui qui est « accueilli » ou « accepté » dans sa nature et condition, et ce lien unique, précieux, se vaut de tout commentaire ou analyse.

 

M



25/05/2008
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