OBJECTIF 2012

OBJECTIF 2012

De l'Egypte au monde Perse en passant par La Chine et l'Inde

Extrait du site (suite)http://perso.wanadoo.fr/marxiens/philo/pretapen/religion.htm

L'Égypte Mystérieuse (-3000/-333)

    Ce qui ne fut pas donné à Sumer, la durée, fut l'élément de l'Égypte longtemps protégée des envahisseurs pendant que les autres civilisations disparaissaient régulièrement. Savants et prêtres de lointains pays feront le voyage en Égypte, diffusant la tradition, en grande partie d'origine sumérienne, jusqu'à la Chine et au Japon sans doute. L'autre élément déterminant est, bien sûr, le Nil merveilleux moyen de communication avec la mystérieuse régularité de ses crus bienfaisantes dont seul le pouvoir centralisé sait tirer tout le profit (par l'organisation des travaux) et qui ne doivent rien à la clémence du ciel, renforçant le sentiment d'un ordre immuable, inaccessible. Le véritable pouvoir est aux mains des prêtres qui gardent la tradition millénaire et sont le garant de l'ordre cosmique, de l'exécution scrupuleuse des rites, de la dévotion aux dieux. Pays de l'éternel retour que les pyramides attendent dans leur désert, c'est aussi le pays des morts qui habitent les vivants. L'immortalité, attribuée primitivement au Pharaon comme fils de dieu, intermédiaire avec le divin, se démocratisera ensuite, assurant une continuité que la mort ne peut interrompre. Pays de l'origine dont la fixité des rites renvoie à l'événement fondateur, la restauration d'un âge d'or perdu, l'initiation devient la connaissance du mystère de l'unité de la mort et de la vie, renaissance qui a connu la mort, "justifiée", et ne redoute que la seconde mort de l'oubli.

    La religion égyptienne est la religion des mystères (Les mystères des Égyptiens étaient des mystères pour les égyptiens eux-mêmes. Énigme dont la solution sera seulement le monde Grec. Hegel) où l'impensable est présenté à la pensée dans sa contradiction indépassable (opposition du corps et de l'esprit - Hermès). C'est le pays du syncrétisme, de la création de nouveaux dieux par juxtaposition de qualités primaires qui s'unissent sans se confondre comme les deux rives du Nil ou bien les deux royaumes de la Haute (Sud/Seth) et de la Basse (Nord/Horus) Égypte (le Pharaon est deux fois roi). [Le mot égyptien pour dieu (Neter) correspond au latin Natura, traduit en grec Physis proche de Fürher : force qui conduit, ordonne, où la séparation hante déjà la fusion primitive comme son péché originel.]

    Fondement de la tradition occidentale (trinité Akh, Ba, Ka : L'esprit, l'âme et le corps, Ré, Amon, Ptah), l'influence de l'Égypte n'a cessé de se faire sentir à travers les mystères d'Isis, les écrits de l'Hermès trismégiste, l'alchimie. Les hiéroglyphes représentant la langue sacrée perdue étaient sensées détenir le secret de la révélation originelle jusqu'à leur déchiffrement par Champollion qui devait tant décevoir cet espoir insensé. Car de Khepri-Ré-Atoum, ou Osiris-Horus-Ré (Le mystère céleste du retour cyclique, le saint sépulcre d'Abydos) à Ptah (le mystère terrestre de l'incarnation, la création par la parole) et Amon (le vide médian qui sépare, le caché, le non-manifesté, l'âme du monde, le souffle, le Mana), c'est, dès avant Akhenaton et le syncrétisme du nouvel empire (malgré son échec), le mystère de la trinité, de l'unité du dissemblable, la contradiction qui n'étant pas accessible à l'intelligence, devient l'objet de la véritable adoration.

    TOUS LES DIEUX SONT TROIS : AMON, RÊ, PTAH ; ILS N'ONT PAS D'ÉGAUX. SON NOM EST CACHÉ EN AMON, IL EST PERÇU EN RÊ [IL EST RÊ DEVANT], ET SON CORPS EST PTAH. LEURS CITÉS SUR TERRE DEMEURENT À JAMAIS : THÈBES, HÉLIOPOLIS ET MEMPHIS, POUR L'ÉTERNITÉ. (HYMNE À AMON DE LEYDE -1300 AVANT J.-C.) E200
- La Chine Immense (-1350/-550/-221)
Unité immédiate de l'esprit substantiel et de l'esprit individuel.
C'est la volonté générale qui s'affirme immédiatement en l'individu. 96
Ni la chronologie, ni la géographie ne peuvent être tout à fait respectés dans une histoire des religions. Ainsi bien que l'histoire chinoise ne commence guère avant -1350 (le Néolithique de Yang-chao remontant à -3000 et celui de Lung-chao à -2000), ses conceptions reflètent une période plus ancienne et qui, surtout, évoluera peu. C'est à ce titre qu'il faut prendre au sérieux la revendication d'ancienneté de la civilisation chinoise, bien que ses textes fondateurs datent de -500. La diffusion rapide, à partir d'un centre et sur l'immense territoire chinois, d'une nouvelle idéologie devait s'imprégner largement des anciennes croyances et superstitions. Fondamentalement la pensée chinoise est une pensée pratique, de l'unité des contraires.

Héritier des vieilles mythologies chamanistes (culte des ancêtres, Centre du monde-5 points cardinaux) et de concepts empruntés aux civilisations de l'écriture (L'écriture chinoise préparée par les inscriptions divinatoires se développe brusquement, sans transitions, vers -1300), le Taoïsme est une religion de l'identité pure (Je=Je) identifiée au vide et au non agir. Son but est l'acceptation du monde, la non-opposition aux rythmes naturels, la soumission aux décrets du ciel, la fusion dans le mouvement de la vie qui mène à l'immortalité par des techniques respiratoires, sexuelles, diététiques, méditatives, magiques, etc., qui favorisent l'harmonie avec les cycles naturels. L'être y est strictement identique au néant (unité et alternance du Yin et du Yang), seul le mouvement (le Tao, le Vide, la Cause, le Logos) y représente un être fluide mais dépourvu de toute négativité, réduit à la totalité indifférenciée (l'Oeuf primordial), à l'origine inaccessible à la pensée qui en procède (le Tao, femelle obscure, sans nom, précède l'Un).

Le Confucianisme, au contraire, remplace l'harmonie divine, naturelle et préétablie, par la nécessité concrète de l'action civilisatrice pour l'unité de l'État, le devoir du citoyen étant de soutenir ou restaurer cette unité qui n'est plus une donnée mais le but suprême de la vie et de l'éducation, un fait de culture dépassant les différences de classes au nom de la compétence, un conformisme et l'effet de la vertu masculine alors que les Taoïstes revendiquent l'état de nature, privilégient la faiblesse féminine et rejettent la morale (QUAND ON ABANDONNE LE TAO, ON A RECOURS À LA BIENFAISANCE; QUAND ON ABANDONNE LA BIENFAISANCE, ON A RECOURS À LA JUSTICE; QUAND ON ABANDONNE LA JUSTICE, ON A RECOURS AUX RITES. LES RITES NE SONT QU'UNE MINCE COUCHE DE LOYAUTÉ ET DE FOI ET LE DÉBUT DE L'ANARCHIE. 38:9-14). La négativité y représente l'opposition à cette unité, à l'ordre divin, sans progrès historique autre qu'un retour à l'unité : la conformité à l'ordre du monde, le mandat du ciel.

La constitution est dans l'ensemble une théocratie et le règne de Dieu, un règne temporel, comme le règne temporel est aussi divin. 89
L'État fondé sur la famille et un gouvernement patriarcal. 84
Tout ce que nous nommons subjectivité se concentre dans le chef de l'état. 90
Du moment qu'en Chine l'égalité règne, mais en aucune façon la liberté, le despotisme est nécessairement la forme du gouvernement. 99
Puisque l'honneur n'existe pas et que nul n'est plus privilégié qu'un autre, la conscience de l'abaissement devient prédominante, et se transforme même facilement en conscience d'abjection. 103
La religion chinoise comprend encore la magie en tant que l'attitude des hommes constitue le facteur absolument déterminant. Si l'empereur se comporte bien, ce ne peut que bien aller.
Car les Chinois sont adonnés à une immense superstition ; celle-ci dépend justement du défaut d'autonomie intérieure et suppose le contraire de la liberté de l'esprit.
Ce qui est pour nous contingent, conséquence naturelle, les Chinois cherchent à le détourner ou à l'atteindre magiquement. 104
- La multitude de l'Inde (-1400/-520)
    L'Inde au contraire, figée dans ses oppositions de castes se présente plutôt comme la négation de l'unité dans la multitude et la séparation. Formée par l'invasion et la domination des guerriers Aryens (à partir de -1400) et non par l'adhésion des populations à la nouvelle civilisation, ce n'est pas la solidarité des castes qui est exprimée mais leur hiérarchie, leurs inégalités.
Ce fut toujours le pays du désir.
C'est le rêve de l'esprit illimité lui-même. 109
De même l'Inde est en général, en tant que pays recherché, un facteur essentiel de toute l'histoire. 111
Au point de l'histoire où nous en sommes maintenant, la forme de l'esprit est encore l'immédiateté. 129
L'indépendance des différences est l'essentiel. Le lien qui les unit n'est qu'un changement perpétuel, une oscillation sans repos d'un extrême à l'autre, un vertige furieux sans résultat qui doit paraître de la démence à une conscience réglée et raisonnable. 90
Bien que les premiers Védas soient presque exclusivement indo-européens, l'ancienne civilisation de l'Indus qui était en contact avec les Sumériens et connaissait l'écriture dès -2500 resurgit dans l'hindouisme avec les Upanisads (-600 reprenant une théologie d'inspiration égyptienne). Mais privilégiant le réel de l'acte, le ritualisme des sacrifices qui se voulait re-création du monde ("L'HOMME EST EN VÉRITÉ NON-NÉ. C'EST PAR LE SACRIFICE QU'IL NAÎT" Mait.-Sam. III,6,7) finit par revendiquer la négation de ce monde, la fin des réincarnations, le sacrifice se réduisant à un détachement ("LA VICTIME EST RÉELLEMENT LE SACRIFIANT LUI-MÊME" Ait. Brah. II, II). La négation du corps est le but de ses techniques ascétiques. Le savoir comme Sagesse, but de toute initiation, est la délivrance de l'illusion de l'être (la maya/le changement), Nirvana, contemplation extatique référée à l'extase du Soma. La négation s'applique radicalement à toute singularité pour retrouver un universel indifférencié (le Soi). La genèse du monde est un acte psychique, l'individuation d'une conscience de soi. Dès lors il n'y a pas d'arbitrage possible, pas d'être supérieur mais la décision d'une conscience, son point de vue. Le Sage surgit de la foule et s'en distingue totalement, pur fait. De même le Yoga va considérer la pensée comme processus matériel, corporel. L'absence de médiation fait du gourou l'intermédiaire obligé de la révélation. L'illusion de la diversité de l'être a pour but la connaissance suprême qui est la fin, la négation de l'être, l'ignorance consistant dans la confusion de l'universel immobile, éternel et le flux de la vie mentale. Mais l'esprit n'est que spectateur : il n'y a pas d'histoire ni d'incarnation, l'Universel est le non singulier. Le but n'est pas l'immortalité mais la suppression des états de conscience. Il ne s'agit pas d'épouser la Cause mais bien d'arrêter la chaîne des causes, le Yoga est la non-dualité, le détachement plus que l'union.
La douleur existe dans la seule mesure où l'expérience se rapporte à la personnalité humaine considérée comme identique au Soi.
La connaissance est un simple réveil qui dévoile l'essence du Soi. Cette connaissance n'est pas obtenue par l'expérience, mais par une sorte de révélation : elle révèle instantanément la réalité ultime. E II 60
D'ABORD SE DÉVELOPPA LE DÉSIR, QUI FUT LE PREMIER GERME DE LA PENSÉE
CHERCHANT AVEC RÉFLEXION EN LEURS ÂMES, LES SAGES TROUVÈRENT DANS LE NON-ÊTRE LE LIEN DE L'ÊTRE (RIG VEDA X,129)
DEPUIS BRAHMAN JUSQU'AU DERNIER BRIN D'HERBE, LA CRÉATION EST POUR LE BÉNÉFICE DE L'ESPRIT JUSQU'À CE QU'IL AIT ATTEINT LA CONNAISSANCE SUPRÊME. SAMKHYA SUTRA, III, 47.
Atteindre dans la vie même cette mort de la vie. 120
Mais à son plus haut point cette négation consiste en la conscience obscure d'être parvenu à une inertie parfaite, à l'anéantissement de toute sensibilité et de tout vouloir, état qui même chez les bouddhistes passe pour le plus sublime. 116
Le Bouddhisme se veut théorie strictement négative, culminant dans la positivité du Bouddhisme Zen chinois. Négation de l'être, de la souffrance (TOUT EST SOUFFRANCE, TOUT EST ÉPHÉMÈRE), du savoir (identifié à l'ignorance), de l'éveil, de la pensée, c'est sur le désir, passion de l'ignorance et de l'existence, que porte sa négation jusqu'à ne plus être désir de négation et pouvant introduire une morale positive (compassion du Grand Véhicule).
Il n'y a que Souffrance et personne pour souffrir
Il n'y a pas d'agent, il n'y a que l'acte.
Le Nirvana est, mais non pas celui ou celle qui le cherche.
La Voie existe, mais non pas celui ou celle qui y marche
(Visuddhi Magga, 16)
C'est l'ignorance qui produit l'Information innée.
Le Bouddhisme reste une pratique, une expérience du corps touchant l'immortel. La proximité du Bouddhisme et du Taoïsme est l'identité vide de la pure affirmation et de la pure négation. Les schismes sur la permanence de la sainteté révèlent un quotidien plus ordinaire (l'éveil est-il un état acquis ou un acte?).

L'hindouisme de la Bhagavad-Gîtâ (-360) simplifie le problème en renonçant, non au désir mais aux fruits de nos actes, instituant une morale négative efficace, dans le monde. La trinité Brahma, Vishnou, Shiva n'oppose pas le destructeur à la création mais fait plutôt de la division le principe du devenir.

- La révélation Perse (-700?)
    Nous connaissons, donc, par les anciens Védas la religion des premiers Aryens avant leur division entre Indiens et Iraniens (et Mitaniens en Palestine vers -1600). Cette religion indo-européenne qui se caractérise par la dualité des dieux (Devas et Asuras) ainsi que la dualité du premier d'entre eux (Varuna roi et mage) combiné avec la représentation des trois fonctions (Guerriers, Prêtres, Travailleurs) se préoccupe surtout de l'efficacité des sacrifices. Cette tradition remonte au-delà du 3ème millénaire aux éleveurs nomades de l'âge du bronze. Il faut compter aussi avec la culture locale préhistorique de Jérizeh, remontant à -9000 et consacrée aux aigles et rapaces mais surtout avec la religion Hittite (Indo-européens primitifs détachés de la religion indo-européenne et tendant à un syncrétisme monothéiste avec Shamash). L'intervention de Zarathoustra (dont l'existence et la date sont très incertaine de -800 à -620) contre les "hommes de proie" pour régénérer et réinterpréter la tradition, préfigure le Christ mais plus encore Mahomet car il se présente comme simple interprète du dieu dont il transmet la révélation. Il s'agit, en fait, d'une mise en question de la tradition, de sa réflexion, sa rationalisation comme le sont, à la même époque, les Brâhmana et les Upanishad indiens. Mais la remise en cause de l'efficacité des sacrifices par les Hindous fait de la vérité un fait individuel, le détachement du sacrifiant, dans l'absence de toute garantie. Zarathoustra au contraire interprète le sacrifice comme enseignement, pratique communautaire, et ne sauve que la garantie elle-même qu'il y a du Bien et du Mal, une vérité suprême, un ordre, une justice et une volonté divine (AŠA/Rta=Royaume de dieu), ne dépendant que de notre bonne volonté, notre bonne foi, notre loyauté. Cette divinisation de la vérité est le fondement du dogmatisme, de l'orthodoxie (Vohu Mana la bonne pensée), du fanatisme : le mensonge, le mal (Druj) étant identifié à la mauvaise foi. Les coeurs purs de la vraie foi combattent l'obscurantisme.

    Le ritualisme était suffisant, dans les conditions précaires d'un camp militaire. Après la sédentarisation des populations, il s'épuisait dans un vain formalisme. La réforme de Zarathoustra, peut-être inspirée des Hittites donc, consiste d'une part à réduire la multiplicité des dieux à l'unicité d'Ahura Mazda (Asura/Varuna/Ouranos) le seigneur éternel, omniscient, sage, bon, juste (les autres divinités étant conservées sous forme d'archanges, émanations d'Ahura Mazda dont le Saint esprit-Spenta Mainyu- et le Malin, le Négateur Angra Mainyu/Ahra Mainnyu), d'autre part à promouvoir l'intériorité de la bonne volonté, la valeur de la dévotion (la bonne intention suffisant à la bonne conscience), la religion se réduisant à un choix celui du bien contre le mal, de l'universel contre le mensonge imagé comme la simplicité du combat de la lumière contre les ténèbres. Le dualisme qui devait se renforcer dans le Zurvanisme (opposition de Ohrmuzd et Ahriman, le premier étant une déformation de Ahura-Mazda et le second de Ahra Mainyu/Arya-Man dieu des guerriers Aryens et des ancêtres) est une conséquence de la dogmatisation de la vérité, du choix binaire que le Vrai Dieu, la Vraie Religion, substitue au polythéisme multiforme (en rejetant les anciens dieux-devas-lumineux-lucifer comme démons-devils-démiurge, ce que l'Inde fera au contraire avec les Asuras) et condamnant aussi bien les anciens débordements du sacrifice que l'ivresse guerrière du Soma ou les orgies agricoles. L'unité inclut la négativité, possède en soi son antithèse, Il lui faut rendre compte (et les gnostiques après lui) du mal engendré par le bien suprême comme condition de la liberté de choix, de la bonne volonté, de la fidélité, de la parole tenue qui s'oppose à la trahison.

    Pour la première fois donc l'unité est principe et non un lien extérieur, d'ordre, dépourvu d'esprit. La participation d'un chacun au principe fait qu'il confère à chacun une valeur propre. 134
De même que pour l'homme, le bien n'existerait pas si le mal n'existait pas, et comme il ne peut être bon vraiment que s'il connaît le mal, de même la lumière n'est pas sans les ténèbres. Ormuzd et Ahriman constituent chez les Perses cette antithèse. 138
Ce qui peut être analysé comme une prise du pouvoir des prêtres contre la caste des guerriers (passage de l'oligarchie à une monarchie féodale, du pillage à l'agriculture sédentaire) doit reconnaître dans le pouvoir d'unification de la nouvelle théologie sa réussite terrestre, le premier véritable empire universel est celui de la Perse. La fonction sélectionne l'organe et la tendance monothéiste se vérifie à nouveau, comme plus tard, une réponse à l'émiettement, à la dégénérescence d'un polythéisme qui oublie son unité dans l'isolement des communautés.
La puissance séculière délaissée par l'esprit s'efface tout d'abord nécessairement devant la puissance spirituelle ; mais celle-ci en se plongeant dans la première, perd avec sa destination, aussi sa force. p86
La récupération du Zoroastrisme par les mages devait en altérer le message et l'absence de culpabilité fondatrice laissait libre cours à la réduction de la religion à une moralité d'état utilitariste, à la Confucius, qui s'y est perdue dans la corruption du pouvoir. D'autre part, on ne peut considérer cette religion comme une religion de l'écrit, ce qu'elle est devenue plus tard, car elle s'y refusait plutôt (interdit de l'écriture pour la religion comme les Celtes ou les Scythes) en se voulant fondée sur la révélation, l'extase (Soma), l'initiation, la transmission orale avant d'être recueillie en livres (les Gathas et le reste de l'Avesta). Mais elle reste, sans doute, un effet de la civilisation de l'écrit où elle s'insérait et qui a enregistré ses traditions.

La réintroduction postérieure de Mithra (Dieu garant des contrats) ne constitue pas vraiment un retour au polythéisme, ni même au dualisme (Varuna/Mitra, Loi/Contrat) mais préfigure plutôt la trinité chrétienne, l'unité du père et du fils, au ciel et sur la terre. Par contre, le Manichéisme, prolongation du Zurvanisme et de son fatalisme, prenait parti contre l'unité première en accentuant le dualisme du Diable et du Bon Dieu (hérité du chamanisme et partagé par les indiens d'Amérique du Nord). il a concurrencé le christianisme à ses débuts (Augustin) et influencé Gnostiques, Bougres et Cathares.

L'influence de la religion iranienne sur les Juifs et le Christianisme est considérable : le Sauveur, la providence, la Résurrection des morts, le Paradis, les anges et les démons, on n'en finirait pas la liste, mais surtout notre conception de Dieu le père ainsi que ce combat millénaire du bien contre le mal qui ruine les représentations cycliques agricoles et fonde un temps historique unique. La grande différence réside dans la positivité joyeuse de la religion Iranienne rejetant les mortifications et qui justifiait aux yeux de Nietzsche le retour à Zarathoustra, c'est-à-dire le rejet de la culpabilité juive, de sa conscience malheureuse. Mais c'est pourtant Zarathoustra qui a introduit la religion de la morale, vouloir le bien, la justice et parole donnée !

 


22/03/2006
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